Microscopie VS PCR
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Dans le cas de la PCR, les analyses sont généralement centralisées et doivent être envoyées à des laboratoires spécialisés, ce qui entraîne souvent des délais de plusieurs jours avant que les résultats ne soient disponibles. Il est donc difficile d'intervenir à temps. En revanche, la microscopie est une méthode portable qui peut être réalisée à proximité du site d'échantillonnage, ce qui permet des temps de réaction beaucoup plus rapides et maximise les chances de protéger les cultures avant qu'il ne soit trop tard.
Lorsque l'on compare les résultats de la PCR quantitative avec ceux de la microscopie pour le même échantillon, la PCR semble souvent plus sensible car le nombre de génomes par litre d'air est généralement supérieur ou égal au nombre de spores. Toutefois, cette différence s'explique par le fait que plusieurs champignons pathogènes, tels que Alternaria et Phytophthora, contiennent plusieurs génomes par spore. Par exemple, 10 génomes détectés par PCR ou une spore observée au microscope sont équivalents et correspondent à la capture d'une seule spore.
En fin de compte, la sensibilité des deux méthodes dépend davantage de la stratégie et du calendrier d'échantillonnage de l'air que de la méthode d'analyse elle-même.
Tant la PCR que la microscopie nécessitent des processus de validation rigoureux afin de garantir une sensibilité optimale. En ce qui concerne la microscopie, cela implique d’étudier des variétés de spores morphologiquement similaires aux spores cibles et d’identifier des caractères distinctifs permettant une identification fiable. La préparation des lames est non destructive et n’entrave pas la détection des spores.
Pour la PCR, la validation est tout aussi cruciale, mais comme la méthode comporte de multiples étapes séquentielles, une erreur à n’importe quel stade peut affecter radicalement les résultats. Un autre avantage de la microscopie est que chaque lame peut être réanalysée immédiatement par n’importe qui, en utilisant l’échantillon original. En revanche, la qPCR nécessite une nouvelle préparation complète de l’échantillon pour la réanalyse.
Contrairement à la PCR, qui cible des espèces spécifiques à l’aide d’amorces, la microscopie permet d’observer toutes les spores présentes dans l’échantillon, y compris les pathogènes non ciblés ou émergents. Cette perspective plus large fournit des informations précieuses sur les risques phytosanitaires d’un champ ou d’une région.
La PCR reste une méthode précieuse pour les confirmations spécifiques ou les recherches ciblées nécessitant une identification génétique précise. Toutefois, pour la surveillance de routine, la microscopie se distingue par sa rapidité et sa fiabilité. Elle permet une détection précoce et exhaustive des agents pathogènes présents dans l’air, ce qui en fait un outil idéal pour le suivi quotidien des maladies fongiques en agriculture.